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《物恋与消散:雷双的艺术创作与存在哲思》

2026-11-05 16:02:49 Vanities Gallery 

法国巴黎 Vanities Gallery | 艺术家雷双(Lei Shuang)作品分析

本次展览由Ai Xu与Thierry Tessier联合策展

展览试图在艺术市场所强调的即时性逻辑之外,开辟出一个反思空间,并将两种彼此对立的力量置于同一思考框架之中:

一方面是物恋(fétiche)——人通过物件寄托记忆、情感与身份;另一方面是熵(entropie)——时间以不可逆的方式瓦解人所赋予这些物件的一切。两者的碰撞构成了本次展览试图展开的悖论:我们最珍爱、最努力保存、最希望留住的,恰恰也是注定会消失的东西。凡我们所守候留存之物,终将离我们而去。即便如此,我们依然选择坚守。本次展览所诉说的,正是这样一种执念。

五人联展二十一件作品,没有一件直接描绘死亡。它们所呈现的,全是我们等待死亡降临时的作为:我们留存、我们描摹、我们捧于掌心。“恋物(Fetish)”是这种姿态的名字,而“熵(Entropy)”则是将其瓦解的力量。

雷双此次展出的是一组综合材料作品,共同使用一个标题:

淡者屡深La profondeur naît de l’effacement

在哑光黑色背景上,枯萎的花朵与叶片——蜷缩的花冠、皱褶的叶面、细长的茎——以极其纤细的白色线条勾勒出来,形成如网络般的结构。作品采用了一种明暗关系的反转:不再是黑色线条在白纸上塑造形体,而更像是光从黑暗中把形象提取出来。这种视觉效果让人联想到拓印,或摄影中的负片。这一组作品的标题本身就是一句引文。它来自晚唐文人司空图(837—908)的《二十四诗品》,更准确地说,是其中“绮丽”一品中的句子:“浓尽必枯,淡者屡深。”可以译为:“浓烈到了极致,必然走向枯竭;而淡薄之物,却能够不断趋向深远。”

在本次展览的语境中,这一选择尤其重要。诗句的前半部分提出了一种耗尽规律,它与“熵”的直觉形成了遥远但清晰的呼应:一切丰盛之物,最终都会被消耗。而后半句则提出了一种相反的美学:失去本身,也可以成为一种资源。“淡”这一概念——即淡薄、轻微、不浓重——在中国文人美学中占据重要位置。

凋零本身已经成为一种形式,这组三联作并不是在哀叹失去。相反,它以如此专注的方式凝视失去,以至于“消隐”本身最终转化成了“深度”。

雷双在《淡者屡深》系列中,以中国传统文化与家族文人精神为创作根基,探索传统艺术语言的当代转化。出身于被誉为“湘史三杰”的诗书画世家,她将黑白视为流淌于血脉中的文化记忆,通过多种媒材的融合,赋予传统水墨精神全新的视觉表达。此次展出的黑白荷系列,以细腻的线条与深沉的黑白对比呈现荷叶凋零后的生命形态,在传统美学与当代艺术之间建立联系,展现艺术家对文化传承、时间与生命的深刻思考。

——策展人 泰西耶(Thierry Tessier)

L’exposition cherche à ouvrir un espace de réflexion en marge de la logique d’immédiateté qui caractérise le marché de l’art, en plaçant deux forces antagonistes au cœur d’une même réflexion.

D’un côté, le fétiche : cette manière dont l’être humain investit les objets de mémoire, d’affects et d’identité. De l’autre, l’entropie : cette force irréversible par laquelle le temps défait tout ce que l’homme a déposé dans les choses. De leur confrontation naît le paradoxe que l’exposition entend explorer : ce que nous chérissons le plus, ce que nous nous efforçons de préserver et ce que nous espérons retenir est précisément ce qui est voué à disparaître. Tout ce que nous cherchons à conserver finira par nous échapper. Et pourtant, nous choisissons malgré tout de nous y attacher. C’est précisément cette obstination que l’exposition donne à voir.

Les vingt et une œuvres réunies dans cette exposition collective de cinq artistes ne représentent jamais directement la mort. Elles donnent plutôt à voir ce que nous faisons dans l’attente de son avènement : nous conservons, nous représentons, nous tenons les choses au creux de nos mains. Le « fétiche » est le nom de cette attitude ; l’« entropie », la force qui la défait.

Lei Shuang

淡者屡深 — La profondeur naît de l’effacement

Lei Shuang présente un ensemble d’œuvres en techniques mixtes, réunies sous un titre commun : La profondeur naît de l’effacement.

Sur des fonds noirs mats, des fleurs et des feuilles fanées — corolles recroquevillées, surfaces plissées, tiges élancées — sont dessinées par de très fines lignes blanches, formant une structure semblable à un réseau. L’œuvre repose sur une inversion du rapport entre ombre et lumière : il ne s’agit plus de lignes noires qui dessinent des formes sur une feuille blanche, mais plutôt d’une lumière qui vient extraire les formes de l’obscurité. Cet effet visuel évoque à la fois la technique de l’estampage et le négatif photographique.

Le titre de cette série est lui-même une citation. Il provient du traité Les Vingt-quatre qualités de la poésie (Èrshísì Shīpǐn), attribué au lettré de la fin de la dynastie Tang, Sikong Tu (837–908), et plus précisément du chapitre consacré à l’élégance raffinée (Qǐlì). On y lit : « 浓尽必枯,淡者屡深 », que l’on pourrait traduire ainsi : « L’intensité, lorsqu’elle atteint son comble, finit nécessairement par s’épuiser ; la subtilité, elle, ne cesse de s’approfondir. »

Dans le contexte de cette exposition, ce choix revêt une importance particulière. La première partie du vers énonce une loi de l’épuisement, qui entre en résonance, lointaine mais manifeste, avec l’intuition de l’entropie : toute forme d’abondance finit par se consumer. La seconde partie propose, quant à elle, une esthétique opposée : la perte elle-même peut devenir une ressource. La notion de dan (淡), qui évoque la sobriété, la légèreté et l’absence d’emphase, occupe une place essentielle dans l’esthétique lettrée chinoise.

Le dépérissement est ici devenu une forme à part entière. Ce triptyque ne se lamente pas sur la perte. Au contraire, il contemple celle-ci avec une telle attention que l’effacement finit lui-même par se transformer en profondeur.

Dans la série La profondeur naît de l’effacement, Lei Shuang prend pour fondement de sa démarche la culture traditionnelle chinoise et l’héritage intellectuel et artistique de sa famille, explorant les possibilités de transposition du langage artistique traditionnel dans un contexte contemporain.

Issue d’une famille de lettrés reconnue pour son héritage poétique, calligraphique et pictural, surnommée les « Trois grandes figures de l’histoire du Hunan », l’artiste considère le noir et le blanc comme une mémoire culturelle inscrite dans son propre héritage. À travers la fusion de différents médiums, elle donne à l’esprit de l’encre traditionnelle chinoise une expression visuelle nouvelle.

La série des lotus en noir et blanc présentée ici donne à voir, par la finesse du trait et la profondeur du contraste entre le noir et le blanc, les formes de vie qui subsistent après le flétrissement des feuilles de lotus. À la croisée de l’esthétique traditionnelle et de l’art contemporain, ces œuvres témoignent de la réflexion profonde de l’artiste sur la transmission culturelle, le temps et la vie.

— Thierry Tessier, commissaire de l’exposition

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淡者屡深 2026 80x60cm

La profondeur naît de l’effacement

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淡者屡深 2026  80x60cm

La profondeur naît de l’effacement

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淡者屡深 2026 80x60cm

La profondeur naît de l’effacement

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步步生莲2025油彩丙烯146x60cm

Des lotus fleurissent sous ses pas

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灰烬之诗系列.荷 2021 麻布油彩100x80cm

Série « Poèmes de cendres » — Lotus

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水面的火焰2024年100x80cm

Flammes à la surface de l’eau

美国诗人庞德(pound)的诗句;“我的爱人是深深藏在水底的火焰”。然而我寻寻觅觅,让她浮出了深秋的湖面,闪耀着生命的光芒。此画2026参加意大利利沃诺城市博物馆艺术图书博览会。

Un vers du poète américain Ezra Pound : « Mon amante est une flamme profondément enfouie sous les eaux. »

Pourtant, au fil de ma quête, je suis parvenu à la faire émerger à la surface d’un lac de fin d’automne, où elle resplendit de toute la lumière de la vie.

Cette œuvre a été présentée en 2026 à la Foire du livre d’art du Musée de la Ville de Livourne, en Italie.

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光寂2016—2020

Silence de la lumière

《光寂》的灵感来自变幻的天象。回想创作过程,与其说是我在塑造,不如说是受造—经由这些形象,作者有了新在。那塑造与受造的过程中,不论是画面的构筑还是心灵的激荡、彷徨都充满了难以言喻的险境迷途。

我的光寂系列创作,验证了贵平台的展览前言:经过长期创作实践的人,才能真正理解依恋与失去、建构与崩解、创造与消散之间复杂而深刻的关系。

《光寂》,既是在讨论光的寂灭,也在讨论人类的智慧和知识的边界。正如国际策展人顾振清所说:“光寂的画面结构不但透露出宇宙深场的一种旷古之美。而且揭示了熵增定律让宇宙不断走向热寂的一种不可逆转的亿年悲情。”

著名批评家、中国艺术研究院研究员王端廷认为:“雷双的光寂系列给中国的抽象表现主义绘画提供了一个新的面貌,我觉得这是一种突破。雷双通过这样一种几何形的方式,为抽象表现主义打开了一个新的大门。”

La série Lumière silencieuse trouve son inspiration dans les métamorphoses des phénomènes célestes. Avec le recul, lorsque je repense au processus de création, je dirais que, bien plus que de façonner les œuvres, c’est moi-même qui ai été façonnée par elles. À travers ces formes, l’artiste accède à une nouvelle manière d’être. Dans ce processus où se mêlent le façonnement et la genèse, tant la construction de l’image que les bouleversements intérieurs, les hésitations et les égarements de l’esprit sont traversés par des périls et des impasses difficiles à exprimer avec des mots.

Mon travail sur la série Lumière silencieuse vient confirmer ce qu'énonce le texte curatorial de votre plateforme : seules les personnes ayant traversé une longue pratique de la création peuvent véritablement comprendre la complexité et la profondeur des relations entre attachement et perte, construction et effondrement, création et dissolution.

Lumière silencieuse interroge à la fois l’extinction de la lumière et les limites de l’intelligence et du savoir humains. Comme le souligne le commissaire nationale d’exposition Gu Zhenqing :

« La structure visuelle de Lumière silencieuse révèle non seulement une beauté immémoriale, celle des profondeurs de l’univers, mais dévoile également la tragédie cosmique, irréversible et s’étendant sur des milliards d’années, d’un univers inexorablement conduit vers la mort thermique par la loi de l’augmentation de l’entropie. »

Critique d’art de renom, chercheur à l’Institut de recherche sur les arts de Chine. Wang Duanting considère quant à lui :

« La série Lumière silencieuse de Lei Shuang offre une nouvelle physionomie à la peinture expressionniste abstraite chinoise. J’y vois une véritable rupture. En recourant à un langage géométrique, Lei Shuang ouvre une nouvelle voie à l’expressionnisme abstrait. »

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光寂 2021麻布油彩100x80cm

Silence de la lumière

于2022 年参加第一届威尼斯元宇宙艺术年度展于威尼斯双年展军械库

Présentée en 2022 lors de la première édition de l’Exposition annuelle d’art du Métavers de Venise, à l’Arsenale de Venise, dans le cadre de la Biennale de Venise.

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光寂 2020麻布油彩100x80cm

Silence de la lumière

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光寂 2016麻布油彩100x80cm

Silence de la lumière

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日食葵 2007 292x114cm

Tournesol de l’éclipse

我用一种逆向的视觉思维,画出向日葵的负像——日食葵。画面中黑色的背景、白色的主体及日食这些因素所形成的特有的视觉经验与我的人文情怀有机地融合才完成了对向日葵的重新命名。假如没有我那个经历过时代黑夜的背景,大概不会有“日食葵”的出现。初次完成它时,我感到存在于内心的年少时的某种压抑得到释放。

J’ai adopté une approche visuelle inversée pour représenter le négatif du tournesol, donnant ainsi naissance à Tournesol éclipsé (日食葵).

Le fond noir, le sujet blanc et le phénomène de l’éclipse composent une expérience visuelle singulière, qui, en se mêlant intimement à ma sensibilité humaniste, m’a conduite à rebaptiser le tournesol. Sans ce passé marqué par l’obscurité d’une époque que j’ai traversée, Tournesol éclipsé n’aurait sans doute jamais vu le jour.

Lorsque j’ai achevé cette œuvre pour la première fois, j’ai ressenti comme une libération : une forme d’oppression, enfouie en moi depuis ma jeunesse, semblait enfin trouver son exutoire.

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灵魂之舞2025丙烯油彩100x80cm

La Danse de l’âme

舞动的向日葵有着无覊的灵魂,张扬着桀骜不驯的自由意志。那是作画者内心充溢的激情将主体生命的能量倾注于画面,通过自由的绘画行为将具体的绘画因素构成非有机体生命的力量。这种黑白书写式的形式也是作者精神结构的映照,是自身存在的一种显现。

灵魂之舞向日葵两幅(包括这一幅)刊载于《中意当代艺术年鉴2025》,包括意大利主编为雷双写的评论文章。

Les tournesols en mouvement possèdent une âme indomptable, affirmant avec éclat une volonté de liberté rebelle et insoumise. Ils traduisent la passion qui habite l’artiste et par laquelle celle-ci insuffle à l’œuvre l’énergie vitale de sa propre subjectivité. À travers un geste pictural libre, les différents éléments plastiques se combinent pour donner naissance à une force vivante, affranchie de toute forme de vie organique.

Cette forme d’écriture en noir et blanc reflète également la structure spirituelle de l’artiste et constitue une manifestation de sa propre existence.

Deux œuvres de la série La Danse de l’âme – Tournesols, dont celle présentée ici, ont été publiées dans l’Annuaire de l’art contemporain sino-italien 2025 (Annuaire de l’art contemporain Chine-Italie 2025), accompagné d’un article critique consacré à Lei Shuang, rédigé par le rédacteur en chef italien de l’ouvrage.

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时间之镜2024麻布油彩80x60cm

Le Miroir du temps

在向日葵这面时间之镜中,反映着宇宙所有的秘密,并使人体验时间的悲欢,展开生与逝的思索。我以自己心灵的感受为向日葵命名。画面中的葵杆像闪光的线切割着宇宙空间,那一个个的葵盘则像宇宙天体般的盘旋着……

Dans ce miroir du temps qu’est le tournesol se reflètent tous les secrets de l’univers. Il nous invite à éprouver les joies et les peines du temps qui passe, et à méditer sur le cycle de la vie et de la disparition.

C’est à partir de mes propres perceptions intérieures et de mes émotions que j’ai donné un nom à chaque tournesol.

Dans la composition, les tiges des tournesols, telles des lignes lumineuses, semblent découper l’espace cosmique, tandis que les corolles, les unes après les autres, tournoient dans l’espace à la manière de corps célestes en orbite.

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时间之镜.生命之光 2019 146x114cm

2023 锦都艺术个展展厅

Le Miroir du temps, la Lumière de la vie

Vue de l’exposition personnelle au Jindu Art 2023

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时间之环 2026 100x80cm

L’Anneau du temps

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“痛苦的黄金2016”146x114cm

2023于工作室

L’Or de la souffrance

2023 à Atelier

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向里尔克致意2011-2012 麻布油彩

Hommage à Rilke

这个系列的作品是关于里尔克自撰墓志铭“玫瑰啊,纯粹的矛盾,在如此众多的眼睑下,我超然独自地安眠…”的回声。我用绘画的造型手段呈现众多的眼睑,体现纯粹矛盾的玫瑰,它是否能为故去的诗人做一个存在和本质的解密呢?

这是我向以里尔克为代表的、西方现代主义对存在之思的诗性追问。

策展人张维馆长说:“雷双的玫瑰成为一个丰饶的哲学象征体,它们栖居于生与死、个体与宇宙、痛苦与狂喜的纯粹矛盾中,以其炽烈的沉默和深邃的凝视,向我们昭示:生命最极致的绽放,源于对自身有限性的全然拥抱与超越。雷双的贡献在于,她让玫瑰这古老的花朵,在当代艺术的语境中,重新获得了神性与主体性,它不再是被我们观看的风景,而是与我们平等对视、邀请我们一同进入存在之谜的、永恒而“无言”的同行者。”

Cette série d’œuvres fait écho à l’épitaphe que Rainer Maria Rilke rédigea lui-même :

« Rose, ô pure contradiction, volupté de n’être le sommeil de personne sous tant de paupières. »

Par les moyens plastiques de la peinture, je cherche à donner forme à cette multitude de paupières et à incarner la rose, figure de la pure contradiction. Peut-elle ainsi nous permettre de percer le mystère de l’existence et de l’essence du poète disparu ?

Il s’agit d’une interrogation poétique que j’adresse à la pensée occidentale moderniste, représentée notamment par Rilke, et à sa réflexion sur l’existence.

Regard curatorial

La directrice et commissaire d’exposition Zhang Wei souligne :

« Les roses de Lei Shuang deviennent de riches symboles philosophiques. Elles habitent les contradictions absolues entre la vie et la mort, l’individu et l’univers, la douleur et l’extase. Par leur silence ardent et leur regard profond, elles nous révèlent que l’épanouissement le plus intense de la vie naît de l’acceptation entière de nos propres limites et de leur dépassement.

La contribution de Lei Shuang réside dans sa capacité à restituer à cette fleur ancestrale, dans le contexte de l’art contemporain, sa dimension divine et sa subjectivité. La rose n’est plus un paysage offert à notre regard : elle devient une compagne éternelle et silencieuse, qui nous regarde d’égal à égal et nous invite à pénétrer avec elle le mystère de l’existence. »

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向里尔克致意.目光 2023 100x80cm

Hommage à Rilke – Le Regard

此画于2026参加意大利利沃诺城市博物馆艺术图书博览会。

Cette œuvre a été présentée en 2026 à la Foire du livre d’art au Musée de la Ville de Livourne, en Italie.

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向里尔克致意 2025 60x50cm

Hommage à Rilke

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玫瑰三叹 60x150cm 2013年

Trois Élégies à la rose

那是从高处的咏叹到下落的低吟,展现着一个正在生成、绽放、衰败的动态过程。生命的辉煌是建立在对其有限性的清醒认知之上,是向死而生。

C’est un passage de l’élévation sublime du chant vers la murmuration d’une voix qui s’abaisse, révélant le processus dynamique d’une existence en devenir, qui naît, s’épanouit puis décline.

La splendeur de la vie repose sur la conscience lucide de sa propre finitude. C’est en ayant pleinement conscience de la mort que l’on choisit de vivre : une existence tournée vers la mort, mais pleinement affirmée dans la vie.

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灰烬之诗系列.玫瑰 100x80cm 麻布油彩2023

Série « Poèmes de cendres » — Rose

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玫瑰之音(3)2024。80x60cm。

2026年参加意大利利沃诺城市博物馆艺术图书博览会。

La Voix de la rose (3)

Cette œuvre a été présentée en 2026 à la Foire du livre d’art au Musée de la Ville de Livourne, en Italie.

玫瑰人在宇宙的光焰中起舞、升腾,那是花、人、光的三位一体。

Les figures humaines-roses dansent et s’élèvent au sein des flammes lumineuses de l’univers, incarnant une véritable trinité de la fleur, de l’être humain et de la lumière.

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大自然的和声 2012 146x114cm

L’Harmonie de la nature

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褶皱与展开 130x165cm 2015

Plis et déploiement

著名学者、策展人荣剑评说:“每一个笔触都带着呼吸的节律,每一道褶皱都折叠着时间的重量。雷双响应德勒兹的'褶皱'哲学,不是通过概念,而是通过感知。那些在黑白之间反复折叠又展开的线条,是大地的褶皱,是灵魂的褶皱,也是一个人与自己的生命历程反复对话的痕迹。”

Le célèbre chercheur et commissaire d’exposition Rong Jian commente :

« Chaque coup de pinceau porte en lui le rythme de la respiration, chaque pli renferme le poids du temps. Lei Shuang fait écho à la philosophie du « pli » de Gilles Deleuze, non pas à travers le concept, mais par la perception sensible.

Ces lignes qui se plient et se déploient sans cesse entre le noir et le blanc sont à la fois les plis de la terre, les plis de l’âme et les traces d’un dialogue incessant entre un être humain et le parcours de sa propre existence. »

生命与流逝的博弈

雷双

贵画廊这次展览提出的核心概念;物恋.消散.悖论很符合有着几十年艺术实践的我的创作路径。我所生活的时代,和在时代生活中的经历,使我成为一个存在主义者。对于我来说,生命、虚无与存在是根本性的问题,它永远重要。人是向死而生的存在,我的艺术即构成我存在的核心。“死,是必然的。因此,艺术才能成立……”我想接着说,那条事关生与死、理智与疯狂的线——被德勒兹称为巫师的线,使得我的感受与思考不得不归于它,于是我的创作之“脚”踏在其上,方生方死。

我的创作是面临虚无深渊旁的舞蹈,然而那是恣意纵情,昂扬绰约的舞姿。最为热爱生命之人如我同时也是具有死亡意识之人……那隐秘的绝望是铺在作品最低层的。好在我的天性是乐观的,而悲观源于我的理性。前者让我总有创作的冲动,后者让我的作品具有深度。

生命的辉煌正是建立在对其有限性的清醒认知之上,向死而生是我人生的基调,以致成为我艺术表达的精神底色。我的那些画面形象,它们是源自一个充满生命虚无感的人转化出的艺术现实。我将自己的艺术创作称作生命与流逝的博弈。这些年我的主要作品,均属欲望与死亡这两个主题。欲望是充盈和完满,死亡是空虚和低落,二者相互交错、对等。欲望与死亡是人生最重大的问题,于是它们成为文学、艺术永恒的主题。福科将死亡变为一种与生命共存的力量,即一种在死亡主义背景上的生命主义,就如我的欲望之花有时开放在死亡的背景上,从而让它彰显出思想的生命。

我的绘画属于不拘一格的文化性情的自由表达。所幸我内在的天赋与绘画语言之间能达到一种平衡。我的艺术既是开放的,又与世隔绝,也许如此才能突破群体公共性的既成模式。

雷双艺术简历

雷双LEI SHUANG祖籍湖南长沙,现生活并工作于北京。她毕业于中央美术学院油画系第五届创作研修班(1989—1991)。中央美术学院是中国最具影响力的艺术教育机构之一。她拥有“国家一级美术师”职称,这是中华人民共和国授予艺术家的最高专业等级之一。从20世纪90年代后半期开始,她的作品便已进入国际展览体系。中国美术馆曾两次为她举办个展,分别是在1998年和2008年;伦敦 Bloxham Gallery 也于2003年举办过她的个人展览。她的创作同时受到学术评论界的关注。2015由哈佛大学出版、由美国艺术史学者撰写的《身体的印刻与性别的经典:当代中国的女性艺术(Inscribing the Body and Gendering the Canon: Women’s Art  in Contemporary China.)》,将雷双艺术纳入当代中国女性艺术的重要个案作学术性分析并刊载六幅作品。早在2000年代初,中央美术学院教授殷双喜就曾写道,她“在存在中画出了虚无”,并指出,在这种对于虚无的表达中,“我们触及了许多无法言说的存在状态”。艺术家本人则将自己的创作描述为一种“关于生命与流逝的博弈”。数十年来,她的艺术始终围绕两个核心展开:欲望与死亡。在她看来,这两者“彼此纠缠,并且同等重要”。她的一些系列作品,例如《灰烬之诗》与《蚀日向日葵》,都试图“把失去转化为创造”,并让“灰烬在图像中燃烧并重生”。她的创作信条——“永远不会麻木,时刻朝向灰烬。”也直接照亮了此次在 Vanities Gallery 展出的三联作品《淡者屡深》。

Le jeu de la vie et de l’évanescence

Lei Shuang

Le concept central proposé par votre galerie pour cette exposition — fétichisme, dissolution et paradoxe — entre profondément en résonance avec mon parcours artistique, nourri par plusieurs décennies de pratique.

L’époque dans laquelle j’ai vécu, ainsi que les expériences que j’y ai traversées, ont fait de moi une existentialiste. Pour moi, la vie, le néant et l’existence constituent des questions fondamentales, dont l’importance demeure inaltérable. L’être humain est un être qui existe en vue de la mort ; mon art constitue le cœur même de mon existence.

« La mort est inévitable. C’est précisément pour cela que l’art peut advenir… »

Je voudrais poursuivre cette réflexion : il existe une ligne, celle qui sépare et relie à la fois la vie et la mort, la raison et la folie — cette « ligne de sorcier » dont parle Deleuze. Elle est devenue le point de convergence de mes perceptions et de ma pensée. C’est sur cette ligne que repose le « pied » de ma création, entre naissance et mort, entre apparition et disparition.

Ma pratique artistique est une danse au bord de l’abîme du néant. Mais c’est une danse libre, exaltée, pleine d’élan et de grâce. Moi qui aime la vie avec tant de ferveur, je suis aussi profondément consciente de la mort. Un désespoir secret se tient au niveau le plus enfoui de mes œuvres. Heureusement, ma nature est optimiste, tandis que mon pessimisme procède de ma raison. La première nourrit sans cesse mon élan créateur ; le second confère à mes œuvres leur profondeur.

La splendeur de la vie repose précisément sur la conscience lucide de sa propre finitude. Vivre en sachant que l’on est voué à mourir constitue le fil conducteur de mon existence, au point d’être devenu la tonalité spirituelle fondamentale de mon expression artistique.

Les figures qui peuplent mes tableaux sont autant de réalités artistiques nées de la transformation d’une conscience profondément habitée par le sentiment du néant de l’existence. Je définis ma démarche artistique comme un jeu entre la vie et l’évanescence.

Au fil des années, l’essentiel de mon œuvre s’est construit autour de deux thèmes majeurs : le désir et la mort. Le désir relève de la plénitude et de l’accomplissement ; la mort, du vide et de l’abaissement. Ces deux forces s’entrecroisent et se tiennent dans un rapport d’équivalence. Le désir et la mort comptent parmi les questions les plus fondamentales de la condition humaine ; ils sont ainsi devenus des thèmes éternels de la littérature et de l’art.

Foucault envisage la mort comme une force qui coexiste avec la vie, esquissant ainsi une forme de vitalisme sur fond de pensée de la mort. Il en va parfois de même dans mon travail : mes fleurs du désir s’épanouissent sur un arrière-plan de mort, faisant ainsi surgir, au cœur même de cette confrontation, une pensée vivante.

Ma peinture est une expression libre d’une sensibilité culturelle qui refuse toute catégorisation. J’ai la chance que mes dispositions intérieures et mon langage pictural parviennent à un certain équilibre. Mon art est à la fois ouvert au monde et séparé de lui. C’est peut-être dans cette distance que réside la possibilité de dépasser les modèles établis de l’expression collective.

Biographie de l’artiste

Lei Shuang (雷双)

Originaire de Changsha, dans la province du Hunan, Lei Shuang vit et travaille actuellement à Pékin.

Elle est diplômée de la cinquième promotion de l’atelier de recherche et de création du département de peinture à l’huile de l’Académie centrale des beaux-arts de Chine (1989–1991), l’une des institutions d’enseignement artistique les plus influentes du pays.

Elle détient le titre de « Artiste de premier rang national » (National First-Class Artist), l’un des plus hauts grades professionnels attribués aux artistes par la République populaire de Chine.

Dès la seconde moitié des années 1990, ses œuvres intègrent le circuit des expositions internationales. Le Musée national d’art de Chine lui a consacré deux expositions personnelles, en 1998 et en 2008. En 2003, la Bloxham Gallery de Londres a également présenté une exposition personnelle de son travail.

Sa création a par ailleurs suscité l’attention du monde universitaire et de la critique d’art. En 2015, ses œuvres ont fait l’objet d’une étude académique dans l’ouvrage Inscribing the Body and Gendering the Canon: Women’s Art in Contemporary China, publié par Harvard University Press et rédigé par une historienne de l’art américaine. L’ouvrage consacre une analyse à Lei Shuang en tant que figure importante de l’art féminin chinois contemporain et reproduit six de ses œuvres.

Dès le début des années 2000, Yin Shuangxi, professeur à l’Académie centrale des beaux-arts, écrivait qu’elle « peignait le néant au sein de l’existence », soulignant que cette expression du néant nous permettait de toucher à « de nombreux états de l’existence qui échappent au langage ».

L’artiste elle-même décrit sa démarche comme « un jeu entre la vie et l’évanescence ».

Depuis plusieurs décennies, son œuvre s’articule autour de deux axes fondamentaux : le désir et la mort. À ses yeux, ces deux forces « s’entrelacent et revêtent une importance égale ».

Certaines de ses séries, telles que Poème des cendres (灰烬之诗) et Tournesol éclipsé (蚀日向日葵), cherchent à « transformer la perte en création », permettant aux « cendres de brûler et de renaître au sein de l’image ».

Sa devise artistique — « Ne jamais s’engourdir, toujours se tourner vers les cendres » — éclaire également le sens du triptyque La profondeur naît de l’effacement, présenté dans le cadre de cette exposition à Vanities Gallery.

(责任编辑:罗亚坤)

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